Procès Gbagbo / Blé Goudé à la CPI et le scandale des témoins révélés: Une bourde ou un acte délibéré de diversion ?

Le 23 Octobre 2012 j’écrivais sur mon blog: « Il est communément dit et à juste titre que les médias représentent le « Quatrième Pouvoir ». Soit ! Mais après avoir vu la fille et accessoirement conseillère particulière et chef de cabinet par Intérim de la Présidente des États Unis d’Amérique « coucher » avec un journaliste pour étouffer une affaire dans un film de fiction, je me suis dit qu’il fallait revoir ce classement et faire passer le pouvoir des médias à un niveau plus élevé dans cet échelon. Aussi, incontestablement et quel que soit le rang des médias au niveau de leur influence sur le pouvoir d’État, INTERNET est en train de prendre (sinon a pris) le pouvoir sur tous les autres médias conventionnels. »

Gbagbo-Ble-GoudeLe traitement de l’info sur le web oriente sa perception finale au sein du peuple

Aujourd’hui encore plus qu’hier, ma conviction profonde sur cette vision se raffermit. Avec en tête les réseaux sociaux, les médias du web deviennent les catalyseurs et propulseurs des sujets qui font l’actualité à la radio, à la télévision, dans la presse écrite… dans nos bureaux, nos domiciles, nos rues. Le traitement de l’info sur le web oriente sa perception finale au sein du peuple: cela avec autant d’avantages que d’inconvénients, tant cet espace virtuel peut aussi être le terreau de l’intox si on choisit mal la source d’où l’on s’informe.

Ce 5 Février 2016 lors du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé à la Cour Pénale Internationale, pendant un huis clos demandé par le bureau du Procureur, les techniciens de la CPI n’ont pas coupé la transmission en direct de la consultation entre les avocats et les juges. Le micro de la traductrice en langue Française étant resté ouvert, des milliers d’internautes ont entendu ces dires du Procureur de la CPI, Éric McDonald :

« […] J’ai aussi un imprimé de compte Facebook (Une capture d’écran) ici… Nous surveillons les réseaux sociaux. Pour des raisons de sécurité évidemment, je ne vais pas entrer dans les détails de ce que nous faisons. Mais, ce que je peux vous dire, c’est aussi en fait une habitude que ou avons prise dans l’affaire Kenya quand on a des blogueurs… des journalistes improvisés, des membres du public qui suivent, soit dans la galerie, soit sur Internet et qui font des commentaires en direct en envoyant des informations par Twitter sur ce qui se passe ou ne se passe pas pendant la procédure. […] Nous avions souvent surveillé cela avec les témoins 9, 10 et 11 Ringou (déformation de ‘Mangou’ par la traductrice), Kassarate et Debi (déformation de ‘Guiai Bi Poin’ par la traductrice) les anciens généraux FDS (Forces de Défenses et de Sécurité) parce que visiblement, ils essayaient de voir qui témoignait ? Qui se cachait derrière ces chiffres ? Qui était à la cour ? Et maintenant on a ce témoin 44 que l’on connaît aussi sous le surnom de Sam l’Africain qui était une personnalité politique et publique. Ce n’est pas ça l’enjeu. Bon ! Ça, ça lui appartient, c’est sa responsabilité. Mais, ce que je veux dire c’est que son nom est confidentiel. Il a été révélé. Sous le sceaux de la protection, il ne peut donc pas être révélé au public. Alors j’implore la chambre pour voir comment nous allons faire pour gérer cela. »

La vidéo: bit.ly/1nYwPhA

Pour la masse, la première réaction à chaud sera de s’indigner contre une “bourde” de la CPI. Comment une si grande institution internationale peut-elle commettre une telle erreur pendant ce que les médias nomment “le procès du siècle” ? Comment cela a pu être possible quand on sait que selon les règles de la CPI, la retransmission est toujours différée de 30 mn au moins ? Trop facile selon moi ! Nous y reviendrons.

Pour la plupart des sympathisants du camp Gbagbo, c’est le choc; disons ‘un couteau remué dans une plaie béante’ lorsqu’ils entendent Éric McDonald citer au titre de témoins de l’accusation à la disposition du bureau du procureur les noms suivants:

– Le Général Philippe Mangou (actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon et ancien chef d’État-major des armées sous Gbagbo)
– Le Général Kassaraté (actuel ambassadeur de Côte d’Ivoire au Sénégal et ancien Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale sous Gbagbo)
– Le Général Guiai Bi Poin (ancien Commandant du Centre de Commandement des opérations de Sécurité ; le CECOS)
– Sam l’Africain (ancien membre de la Galaxie patriotique et personnage politique proche du camp Gbagbo)

« ESPIONNAGE » des cyber-activistes et blogueurs ‪#‎ProGbagbo par la CPI.

Les affirmations du Procureur de la CPI, Éric McDonald, trahissent clairement une activité malveillante et pernicieuse qui cache un désir de nuire. « Nous surveillons les réseaux sociaux. Pour des raisons de sécurité évidemment je ne vais pas entrer dans les détails de ce que nous faisons. », dit McDonald. L’argument sécuritaire ne tient pas ici vu que les cyber-activistes et blogueurs qu’ils donnent l’impression de craindre ne font aucune activité illégale contre la CPI, encore moins contre la bonne tenue de ce procès qu’ils attendent depuis longtemps et pour lequel ils s’investissent tant pour l’éclatement de la vérité. Mais il convient de reconnaître au bureau du Procureur de bonnes raisons de craindre l’activité que s’est assignée bénévolement le bloc de blogueurs qui scrute à la loupe tout ce qui se dit et se fait pendant et autour de ce procès pour débusquer toutes les allégations contrefaites et autres falsifications de le vérité afin d’éclairer l’opinion publique. Cela n’aurait jamais gêné le bureau du Procureur si le but de ce procès était de rechercher la vérité. « Faire condamner Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé par tous les moyens » étant la finalité recherchée, le bureau du Procureur se perd en conjecture dans sa quête de boucs émissaires illusoires ; simplement pour s’accrocher désespérément à son refus de dire le droit.

Éric McDonald n’a pas à entrer dans les détails de ce que fait le bureau du Procureur dans sa surveillance, voire son espionnage des blogueurs ProGbagbo. Toutefois, nous imaginons bien de quoi il peut être question. Sans minimiser le coté visiblement nuisible de cette entreprise, cela est loin de pouvoir nous effrayer. Il est de bonne guerre de tenter de fragiliser notre offensive médiatique ; mais ces actions sournoises ne pourraient rester sans réponses. Action – Réaction donc ! Et nous savons bien donner des coups avec précision.
Si comme adversaires, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ne suffisent plus à la CPI, c’est une joie pour les milliers de cyber-activistes et blogueurs ProGbagbo d’être dans la ligne de mire de ce tribunal qui veut choisir ses coupables avant le jugement en refusant déjà de mener le procès en toute impartialité.

Le scandale des témoins révélés par la CPI: Une bourde ou un acte délibéré de diversion ?

Le bureau du procureur de la CPI reconnaît l’une des forces indéniables des cyber-activistes et blogueurs ProGbagbo: la puissance acquise au fil des années avec notre riposte médiatique via Internet, plus particulièrement par l’utilisation efficiente des réseaux sociaux.
Aussi, par une vicieuse mais astucieuse tentative de diversion ils tentent de retourner cette ‘arme’ contre nous, parce qu’ils connaissent aussi notre plus grande faiblesse: la très grande propension que nous avons à facilement nous battre jusqu’à l’épuisement mais entre nous ou contre une mauvaise cible en cherchant à extirper des traîtres de nos rangs.

Cette prétendue bourde de la CPI cache mal un pavé jeté dans la marre déjà tumultueuse des ProGbagbo mobilisés autour de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé mais prompte à s’entre-déchirer à la moindre incartade. Sauf que le piège est trop grand, trop visible pour s’y engouffrer aussi facilement. Non ! Le fait de livrer ainsi ces témoins à la vindicte populaire par le bureau du Procureur dans une collusion évidente avec les juges de la CPI répond à une stratégie bien ficelée :

– créer un pôle de confusion dans le camp des soutiens du président Gbagbo et de Charles Blé Goudé en lançant une chasse aux sorcières contre de potentiels traîtres-témoins,
– discréditer puis intimider les cyber-activistes et blogueurs ProGbagbo pour les contraindre au mutisme.

Face à ces manigances dès le début de ce procès, il y a de bonnes raisons de s’inquiéter des desseins inavouées de la CPI.

Que préparent-ils ? 

Il faudrait être Charlatan en basses œuvres pour répondre à une telle question.  « Pourquoi se mettre sur la pointe des pieds pour scruter l’horizon dans l’espoir de découvrir l’identité de quelqu’un qui vient en face de vous ? » Attendons donc ! Laissons venir la CPI.

Pour ce qui est du cas des Généraux Philippe Mangou et de Kassaraté, depuis leur allégeance à la personne d’Alassane Dramane Ouattara en tournant le dos aux institutions légales de la république de Côte d’Ivoire pendant la guerre contre notre pays, aucun autre acte de félonie ne saurait surpasser ce qu’ils ont déjà fait. Aussi, effectivement, nous savions que pour le deuxième acte de leur compromission, ils seraient amenés à témoigner contre le président Gbagbo. Nous l’avions dit plus d’une fois en nous basant sur des déductions logiques et simples. L’histoire nous donne raison encore une fois.

Mais, cette révélation ouvre le champ à une série de questions:

– quel poids peut avoir le témoignage de Mangou et Kassaraté cachés sous des pseudonymes de témoins anonymes contre Laurent Gbagbo ?
– Pourquoi refusent-ils de témoigner à visage découvert ?
– Ont-ils été jetés en pâture par le bureau du procureur pour les obliger à témoigner suite à un revirement de dernière minute ?
– Dernière question: Au fait, quel témoignage peuvent-ils faire en vérité pour tenter d’incriminer Laurent Gbagbo ou Charles Blé Goudé ?

Finalement il serait louable qu’ils aillent témoigner. En vérité, cela serait formidable.

Pour ce qui est du cas du Général Guiai Bi Poin resté fidèle aux institutions de la république jusqu’à son éviction par Alassane Dramane Ouattara, je prends le risque de mettre l’affirmation du Procureur de la CPI au compte de l’entourloupe pour nous duper et semer le doute dans nos esprits.

En ce qui concerne Sam l’Africain, les propos du procureur sont aussi confus que le personnage incriminé. Mais je prends le risque de lui donner le bénéfice du doute avec l’assurance mienne qui est de savoir qu’il n’y a rien qui puisse être dit ou fait de nouveau pour tenter de salir le président Gbagbo avec succès. Les témoignages abracadabrantesques des “témoins masqués” qui se sont succédés devant la Cour Pénale Internationale sont là pour en témoigner de façon éloquente.

Ce prétendu scandale de témoins révélés par la CPI n’est en rien une bourde innocente ou la preuve d’une faille ou de l’incompétence des techniciens chargés de la diffusion du procès: c’est bien un acte délibéré pour tenter de donner une nouvelle tournure au “procès de la Honte ” Sinon, en toute lucidité, comment une si grande institution internationale peut commettre une telle erreur pendant ce que les médias nomment “le procès du siècle” ? Comment cela a pu être possible quand on sait que, selon les règles de la CPI, la retransmission est toujours différée de 30 mn au moins ? Ne pouvaient-ils pas couper le signal de diffusion lorsque l’extrait concernant le huis clos passait enfin en direct sur les médias ? Tout cela a été prémédité et exécuté en connaissance de cause pour un but qu’il est pour le moment impossible de cerner avec une perception sans faille. Attendons donc !

Claudus-KouadioAussi, si la CPI persiste à vouloir se moquer du monde en s’enfonçant sous l’argument de l’erreur technique, il y a là aussi, d’innombrables raisons de douter du sérieux de cette institution qui prétend être l’incarnation de la justice suprême sur la terre des hommes. En vérité, nous n’en avons cure de savoir qui témoigne contre Laurent Gbagbo ou Charles Blé Goudé devant la CPI. Pour rester poli, je ne dirais pas que: ” On s’en fout royalement “. Mais c’est le cas en réalité car lorsque tu as la vérité avec toi, tu ne crains aucun tribunal fût-il le plus injuste. Un proverbe de chez nous dit: ” On ne peut nullement effrayer une femme enceinte avec de la banane “.

Donc acte !

Claudus Kouadio

[ Twitter: @ClaudusIvoire
https://twitter.com/claudusivoire ]
Claudus – ©‪#‎StayTrue

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Posted by on 8 février 2016. Filed under Politique, Sec Justice, Sec Pays. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.