L’histoire d’une guérison pénible et douloureuse

Je me suis réveillée au son de l’alarme. Comme chaque matin, je l’arrête d’un geste automatique et je reprends ma position initiale. Sans le vouloir, les mots de l’enregistrement, que j’ai écouté la veille me reviennent à l’esprit. Les yeux fixés au plafond je pense comment faire pour y arriver.

Les choses paraissent simples, mais en même temps si compliquées pour une comme moi. Je lance un appel au secours : “Seigneur, aide-moi! “. Soudain, je compare mon existence à un abcès qui s’est formé et qui a mûri. J’avais peur de le percer pour éviter la douleur. Du moment qu’il ne me faisait pas mal, j’étais tranquille “dans le meilleur des mondes”.

De guerre lasse – ou encore pour parler en langage courant – comme on ne peut pas empêcher ce qui doit arriver d’arriver – parce que mine de rien, il me gênait, même comme je n’en étais pas consciente ou ne voulais pas le reconnaître. Je suis partie voir un médecin pour qu’il m’aide à le percer et à le soigner. Mais alors je suis surprise de voir la quantité de pus qui en sort. Au point de me demander si ça ne finirait jamais. J’ai peur. J’ai des doutes (Ah! L’ennemi!).

Par moment je demande au médecin combien de temps cela peut-il prendre pour faire sortir tout cette saleté et nettoyer complètement la plaie maintenant ouverte. Toujours avec son petit sourire bienveillant, il me répond que je suis d’une impatience. Et pourtant je ne me suis pas gêner pendant tout ce temps que j’ai gardé cette chose immonde en moi. Et aujourd’hui je voudrais faire le traitement en un tournemain. Calme toi jeune dame! Le furoncle a eu tout son temps pour bien s’installer, de grandir et d’arriver à sa maturation. Nous devons aussi prendre le nôtre pour le déloger de là où il pense avoir élu domicile, car ce n’est pas sa place. Ce n’est pas chose d’un jour ni d’une semaine je crains bien.

Je regarde mon médecin avec des yeux apeurés (toujours cette peur. Quand est ce que je vais apprendre à lui faire confiance?). Cependant, je ne peux m’empêcher de me poser des questions. Je me dis je suis allée le voir avec de bonnes résolutions. Il faut que je sorte de là complètement guérie. Il faut quand même préciser, que l’abcès présente des signes de “chronicité” alarmants. Il a l’intention de ne pas me lâcher, surtout qu’il voit ma détermination à me séparer de lui, donc de guérir. Il veut me torturer plus que jamais. Des fièvres par-ci; les maux de tête par là; les douleurs alors je n’en parle plus. En fait, j’ai compris son jeu. Il veut détourner l’attention réelle, qui est portée sur lui, pour que je me m’occupe et me préoccupe d’autres choses.

Le médecin voit bien mon embarras et le trouble qui m’accablent. Il me dit, mon enfant je comprends bien ta situation et je suis là pour t’aider. J’ai des voies et moyens pour le faire. La seule collaboration que j’attends de toi c’est de rester calme, soumise à mes indications, et de te laisser faire. Je connais bien cette maladie, et je sais qu’elle fait mal et si on ne la soigne pas bien, elle risque d’engendrer autre chose et mettre ta vie en danger. N’est-ce pas que tu veux en guérir pour toujours? Ce à quoi je réponds oui, car c’est mon vœux le plus cher.

Marie-Louise-Pombe

Marie Louise Pombe

Alors mon toubib me demande d’être attentif à ses instructions et de ne plus me laisser distraire par les manigances de l’abcès qui me ronge. Oui, ne pas perdre de vue mon objectif. Un peu comme un capitaine qui dirait à son matelot de souquer ferme le bateau, pour ne pas qu’il aille à la dérive. Cela va me demander beaucoup de maîtrise en soi, de la discipline et la patience aussi. Comme il peut lire dans mes pensées, il me dit de ne rien craindre. Il sera ma force. Il sera mon guide.

Vais-je être sage et espérer en lui? Ou vais-je être folle pour ne pas suivre ses recommandations? Qui adhère espère. Entre ses mains, je remets mon sort…

Une autre sonnerie! Il est temps de se lever

Par Marie Louise Pombe

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Posted by on 8 juillet 2017. Filed under Eva Témoignages, Méditation. You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0. You can skip to the end and leave a response. Pinging is currently not allowed.